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GUIDE · ATRT 8

Calcul pratique

↳ du tarif au chiffre

Comment calculer concrètement la composante ATRT 8 pour un site B2B. Méthode pas à pas, exemples chiffrés sur un site T3 et un site T4, et le cas particulier du raccordement direct au transport.

8 min de lecture · page 3 sur 5

Le cadre de calcul

Pour un site B2B classique raccordé à la distribution (GRDF ou ELD), la composante ATRT est imputée en cascade : le distributeur paie l'ATRT à GRTgaz ou Teréga, et le répercute au fournisseur, qui le répercute au client. Côté courtage, la pratique standard consiste à reconstituer la composante ATRT séparément dans la cotation, même si elle figure agrégée à l'ATRD sur la facture finale.

Le calcul mobilise trois informations sur le site et trois informations tarifaires. Les trois informations site : la zone de transport (GRTgaz ou Teréga, et la zone interne), la capacité de transport applicable (en MWh/jour), et la consommation annuelle (en MWh). Les trois informations tarifaires : le terme de capacité applicable, le terme de soutirage applicable, et l'année de référence (la grille ATRT évolue chaque 1er avril).

Méthode pas à pas

Quatre étapes pour reconstituer la part ATRT d'un site.

Étape 1 — Identifier la zone de transport

La zone est déterminée par l'adresse du site et le point d'interface dont il dépend. En pratique :

  • Si le site est en métropole hors Sud-Ouest (Pyrénées, Béarn, sud des Landes), c'est presque toujours GRTgaz.
  • Si le site est dans le Sud-Ouest, c'est probablement Teréga.
  • La zone interne (côté GRTgaz notamment) est consultable sur la cartographie publique de l'opérateur, ou récupérable via le distributeur.

Pour les premiers contrats, demander au fournisseur la zone applicable au site est la voie la plus sûre — elle figure dans l'attestation tarifaire qu'il peut produire.

Étape 2 — Récupérer la capacité applicable

Pour un site raccordé à la distribution, la capacité ATRT applicable au site n'est pas négociée directement avec GRTgaz ou Teréga. Elle est déduite de la capacité ATRD souscrite par le client, telle que validée avec le distributeur. C'est le distributeur qui agrège les souscriptions au PITD dont dépend le site, et c'est sur cette base agrégée que l'opérateur de transport facture.

Concrètement, pour le courtier : la capacité ATRD du site (CJN, capacité journalière normalisée, ou capacité contractuelle selon le segment) sert de base au calcul. Cette information figure sur la facture ou est récupérable auprès du fournisseur.

Étape 3 — Récupérer la consommation annuelle

La consommation annuelle en MWh est l'information la plus simple à obtenir : elle figure sur les 12 dernières factures, ou via le portail GRDF (Gazpar pour les sites équipés, télérelève pour les plus gros). C'est elle qui pilote la part variable du calcul.

Étape 4 — Appliquer la formule

La part ATRT annuelle, en €, se calcule comme :

ATRT annuel = (Capacité × Terme de capacité) + (Consommation × Terme de soutirage)

Où :

  • Capacité est exprimée en MWh/jour (ou kWh/jour selon l'échelle, en harmonisant les unités)
  • Terme de capacité est exprimé en €/MWh/jour/an
  • Consommation est exprimée en MWh/an
  • Terme de soutirage est exprimé en €/MWh

Aux deux termes principaux peuvent s'ajouter des composantes secondaires (pénalités, services optionnels) qui restent rares en courtage classique. Pour une cotation B2B standard sur un site raccordé à la distribution, les deux termes principaux couvrent l'essentiel.

Exemple 1 — Site B2B T3 (PME tertiaire)

Prenons un site tertiaire moyen — un immeuble de bureaux, une école privée, un centre de formation. Profil typique :

DonnéeValeur retenue
Segment ATRDT3
Zone de transportGRTgaz, zone moyenne
Consommation annuelle800 MWh
Capacité journalière applicable~ 6 MWh/jour

Avec des ordres de grandeur typiques de l'ATRT 8 PITD :

  • Terme de capacité : autour de 80 €/MWh/jour/an
  • Terme de soutirage : autour de 5 €/MWh

Le calcul donne :

  • Part fixe : 6 × 80 = 480 € / an
  • Part variable : 800 × 5 = 4 000 € / an
  • Total ATRT annuel : ≈ 4 480 €

Sur un site qui consomme 800 MWh avec une facture totale acheminement (ATRT + ATRD) typique pour ce profil, l'ATRT pèse une fraction modeste du poste acheminement — l'ATRD étant largement majoritaire sur ce segment. Mais 4 480 €, à isoler proprement dans la cotation, ce n'est pas une variable cosmétique.

Exemple 2 — Site B2B T4 (PME industrielle)

Prenons maintenant un site industriel plus consommateur — un atelier de production, une boulangerie industrielle, une PME agroalimentaire. Profil typique :

DonnéeValeur retenue
Segment ATRDT4
Zone de transportGRTgaz, zone moyenne
Consommation annuelle4 000 MWh
Capacité journalière applicable~ 25 MWh/jour

Avec les mêmes ordres de grandeur de termes :

  • Part fixe : 25 × 80 = 2 000 € / an
  • Part variable : 4 000 × 5 = 20 000 € / an
  • Total ATRT annuel : ≈ 22 000 €

Sur un site T4 de cette taille, on voit que la part variable domine largement la part fixe — c'est mécanique : à mesure que la consommation augmente, le soutirage prend le pas sur la capacité dans l'équilibre du tarif. Pour un courtier, cela veut dire qu'un écart de tarif inter-zones se traduit directement en quelques milliers d'euros annuels à l'arrivée — modeste sur une facture totale, mais significatif sur une cotation pluri-année.

Le cas particulier du raccordement direct transport

Pour les très gros sites raccordés directement au réseau de transport — sans passage par la distribution — la mécanique change. Il n'y a pas d'ATRD ; uniquement l'ATRT, mais sur un tarif différent, généralement plus avantageux à l'unité parce que le site supporte directement la facture de transport au lieu d'en hériter en cascade.

Pour ces sites, la capacité de transport est négociée contractuellement avec GRTgaz ou Teréga, sur une base annuelle ou pluriannuelle. Les engagements de capacité font l'objet de mécanismes spécifiques (capacité ferme, capacité interruptible) qui sortent du périmètre standard du courtage B2B.

En courtage B2B classique, on croise ce cas occasionnellement — sur les sites les plus gros d'un portefeuille, ou lors d'une étude pour un industriel qui envisage de passer du raccordement distribution au raccordement transport (typiquement au-delà de plusieurs dizaines de milliers de MWh annuels). Le calcul ATRT direct demande alors :

  • Une analyse de la courbe de consommation horaire / journalière pour calibrer la capacité ferme
  • Une décision d'arbitrage capacité ferme / capacité interruptible si applicable
  • Une intégration de tous les services optionnels souscrits

Pour ces cas, le calcul cesse d'être routinier et devient un dossier en soi. Volto traite ces cas via des modèles dédiés ; un courtier qui n'en croise que quelques-uns par an a intérêt à demander une cotation experte au fournisseur plutôt qu'à reconstituer toute la mécanique.

Le piège classique : oublier que l'ATRT est en cascade

Le piège que nous voyons le plus souvent sur des cotations B2B classiques n'est pas un mauvais calcul du terme. C'est de raisonner comme si l'ATRT n'existait pas, parce qu'il n'apparaît pas en ligne distincte sur la facture finale du client.

Conséquences quand cela se produit :

  • La part acheminement est sous-estimée d'environ la part ATRT — quelques pour cent à plus de 10 % du HT selon le segment
  • Une révision ATRT au 1er avril passe inaperçue dans la cotation, et la marge attendue se trouve grignotée sans qu'on sache pourquoi
  • Comparer deux fournisseurs devient impossible si chacun agrège différemment

La pratique mature, qu'on développe dans la page perspective courtier, consiste à tenir un poste ATRT explicite dans la cotation interne, à le mettre à jour à chaque révision, et à expliquer son évolution au client quand elle survient.

Vérifier un calcul existant

Quand on reprend un dossier d'un autre courtier ou qu'on audite une facture passée, voici une routine rapide pour repérer une anomalie sur la part ATRT :

  1. Récupérer la capacité ATRD souscrite et la consommation annuelle
  2. Estimer la part ATRT avec la formule ci-dessus et les ordres de grandeur typiques de la zone
  3. La comparer à la part ATRT facturée (ou agrégée acheminement moins une estimation ATRD)
  4. Si l'écart dépasse une marge raisonnable (au-delà de 10-15 %), creuser : zone tarifaire mal identifiée, capacité mal souscrite, modification CRE non répercutée

Ce type d'audit prend une heure sur un site, et permet typiquement de détecter une sur-souscription de capacité ou une mauvaise affectation de zone. C'est rarement la part ATRT elle-même qui est erronée — c'est plus souvent le calibrage côté distribution qui sur-dimensionne la base de calcul.

La prochaine étape, après le calcul, c'est l'évolution dans le temps : la révision annuelle du 1er avril, son calendrier, et ce qu'elle demande au courtier. C'est la page suivante.