Aller au contenu

PILIER · DÉCOUVERTE DU MÉTIER

Le métier de courtier en énergie

↳ ce que fait vraiment un courtier énergie, et comment il est payé

Le courtier en énergie B2B met en concurrence les fournisseurs d'électricité et de gaz pour le compte d'une entreprise, négocie le contrat, et accompagne le client jusqu'à la fin du marché. Il est rémunéré par le fournisseur retenu, sous forme de commission au MWh livré. Son mandat est libre, son métier ne demande ni ORIAS ni capital minimum, mais il engage sa responsabilité sur chaque chiffre transmis. État du métier à date de mai 2026.

Vous êtes plutôt :

  • En découverte du métier — vous êtes au bon endroit. Lisez cette page de bout en bout.
  • Décidé à vous lancer et vous cherchez les étapes de création (forme juridique, formation, premiers clients) → Devenir courtier énergie.
  • Déjà créé votre cabinet et vous cherchez à structurer vos 12 premiers mois (trésorerie, onboarding fournisseur, recrutement) → Nouveau courtier énergie.

Qu'est-ce qu'un courtier en énergie

Le courtier en énergie est un intermédiaire commercial mandaté par un client professionnel (TPE, PME, ETI, grand compte, collectivité, copropriété, association) pour négocier ses contrats d'électricité, de gaz naturel, et parfois d'énergies renouvelables ou de garanties d'origine. Il n'est pas un revendeur : à aucun moment l'énergie ne transite par lui. Le contrat final est signé entre le client et le fournisseur retenu, et la facturation reste directe.

La profession a émergé en France avec l'ouverture progressive des marchés de l'énergie aux entreprises — 2004 pour l'électricité professionnelle, 2007 pour les particuliers — et a pris son ampleur actuelle après la fin des tarifs réglementés de vente pour les sites non résidentiels (2015 pour les sites en C2-C4 électricité, 2023 pour les sites en gaz naturel C1-C4, 2025 pour les derniers tarifs jaune et vert restants). Aujourd'hui, on estime à 1 200 à 1 800 le nombre de cabinets de courtage en énergie actifs en France, dont une majorité de structures de 1 à 10 personnes.

Le métier se distingue du conseil en énergie pur (audit, MDE, certificats d'économies d'énergie) par sa finalité commerciale : un courtier place des contrats. Il se distingue aussi du fournisseur direct et de l'apporteur d'affaires non mandaté, dont le rôle se limite à transmettre un contact. Le courtier porte une responsabilité de conseil, formalisée par le mandat ACD et reconnue par le médiateur national de l'énergie.

Le rôle du courtier dans l'écosystème énergie

Sept acteurs cohabitent dans la chaîne de valeur du marché de l'énergie professionnelle française : la CRE qui régule, RTE et GRTgaz qui transportent, Enedis et GRDF qui distribuent, les producteurs (EDF, TotalEnergies, ENGIE, parc renouvelable), les fournisseurs (une quarantaine d'actifs sur le segment pro), les clients finaux, et les intermédiaires — dont le courtier énergie. Le courtier opère exclusivement sur la partie commerciale du marché : il négocie le contrat de fourniture, jamais l'acheminement (qui est un poste réglementé refacturé tel quel) ni les taxes.

Son rôle se décompose en cinq fonctions :

  • Mise en concurrence. Il interroge simultanément plusieurs fournisseurs sur un cahier des charges précis (PDL, profil de consommation, options tarifaires, durée, indexation).
  • Conseil sur la stratégie d'achat. Prix fixe / indexé, durée 12 / 24 / 36 mois, mécanique TURPE ou TRV, options ARENH selon segment, choix entre offre marché et offre verte.
  • Négociation. Sur le prix de fourniture (la seule composante négociable), sur les conditions de résiliation, sur les pénalités de dépassement, sur les options d'effacement.
  • Suivi post-signature. Vérification de la première facture, suivi des dépassements de puissance, alerte en cas d'écart anormal, anticipation du renouvellement.
  • Gestion des incidents. Contestation facturation, changement d'option tarifaire, modification de puissance souscrite, basculement de site.

Pour le détail du rôle face au fournisseur direct et le cadre du mandat ACD, voir Rôle et mandat du courtier énergie.

Comment le courtier énergie est rémunéré

La rémunération du courtier en énergie est versée par le fournisseur, jamais par le client. Elle prend deux formes principales :

Commission en €/MWh livré. C'est le modèle dominant sur les segments C5, C4 et HTA. La formule est invariante : commission = €/MWh négocié × consommation annuelle × durée du contrat. Sur une durée moyenne de 36 mois en 2026, les ordres de grandeur observés sont : 8 à 15 €/MWh sur C5 (petit tertiaire, ≤ 36 kVA), 5 à 10 €/MWh sur C4 (PME, 36-250 kVA), 2 à 7 €/MWh sur HTA (industrie, > 250 kVA). Sur le gaz, l'ordre de grandeur moyen est de 9 €/MWh.

Mode de paiement. Cinq modèles cohabitent. Le plus fréquent en 2026 est 100 % à la signature : le fournisseur verse la totalité dès l'accord signé. Les autres modèles : mixte signature + démarrage (M+1 à M+3), mixte signature + annuités sur date d'anniversaire d'effet (DAE), annuités pures (ex. 25 % par an sur 4 ans), au réel (mensuel, suivant la facturation client). Le mode applicable est défini contractuellement dans la convention d'apport avec chaque fournisseur. Un clawback s'applique systématiquement en cas de résiliation anticipée, avec une exposition maximale sur le mode 100 % signature et nulle sur le mode au réel.

Commission en pourcentage de la marge fournisseur. Modèle moins fréquent, utilisé par certains fournisseurs sur le segment grand compte HTA ou pour des contrats à structure tarifaire complexe (achats partiels, contrats à prix de gros indexés). Le courtier touche typiquement 15 à 30 % de la marge brute du fournisseur sur le contrat.

Important sur le vocabulaire : le courtier commissionne, il ne marge pas. Il ne se positionne pas entre le client et le fournisseur sur la facturation. Il ne facture pas le TURPE ni les taxes, qui sont des postes réglementés refacturés au centime près. La commission est annoncée en HT — le courtier facture HT + 20 % de TVA au fournisseur. Toute communication client doit mentionner le principe et l'existence de cette commission, c'est l'une des recommandations centrales du médiateur national de l'énergie. Détail des modèles, des cinq modes de paiement et des barèmes par segment sur Rémunération du courtier énergie.

Les compétences clés du courtier énergie

Le métier mobilise trois familles de compétences imbriquées.

Compétences techniques. Lecture d'une courbe de charge, compréhension des options tarifaires (CU4, MU4, LU sur l'ATRT 8 ; HTA 5, HTA 8 sur le TURPE 7), maîtrise des composantes d'une facture (fourniture, acheminement TURPE/ATRT/ATRD, accise sur l'électricité, CTA, TVA), connaissance des indices marché (PEG sur le gaz, EEX Cal+1 sur l'électricité, EPEX Spot pour les arbitrages). Sans cette base, impossible de challenger une offre fournisseur.

Compétences commerciales. Prospection ciblée par segment, qualification d'un besoin sur un appel froid, présentation d'une offre comparative, négociation, closing, gestion d'un portefeuille de renouvellements. Le métier reste un métier commercial B2B classique avec un cycle de vente de 2 à 12 semaines selon segment.

Compétences juridiques et réglementaires. Rédaction du mandat ACD conforme au format Enedis et GRDF, respect du RGPD sur les données prospects et clients, prise en compte des recommandations du médiateur national de l'énergie, veille sur les évolutions CRE (TURPE 7 révisé annuellement, ATRT 8, ATRD 7, accise dans la loi de finances).

Voir le détail par famille sur Compétences clés du courtier énergie.

À quoi ressemble une journée type

La journée d'un commercial en cabinet de courtage énergie se répartit en quatre blocs de temps. Les proportions varient selon le profil (chasseur, éleveur, key account) et le segment (un commercial C5 fait du volume, un commercial HTA fait du sur-mesure long), mais l'ossature est stable :

  • Prospection (25 à 40 % du temps). Sourcing entreprises par SIREN, appels sortants, prise de RDV, suivi des leads entrants. Outil : CRM dédié, base SIRENE, scoring crédit.
  • Cotation et préparation d'offres (20 à 35 %). Récupération PDL/PCE, demande ACD signée, récupération données Enedis ou GRDF, pricer multifournisseurs, mise en forme de l'offre comparative.
  • Relance et closing (15 à 25 %). Suivi des offres envoyées, réponses aux objections, négociation, signature électronique du contrat fournisseur.
  • Suivi de portefeuille et admin (15 à 25 %). Réponses clients, anomalies facturation, suivi des commissions, anticipation des renouvellements à 90 jours.

Voir Journée type d'un courtier énergie pour la version détaillée semaine par semaine, et la variation saisonnière (pic de septembre à février sur les renouvellements annuels).

La déontologie du métier

Le métier n'est pas réglementé au sens d'un agrément, mais il est cadré par plusieurs obligations qui forment de facto une déontologie professionnelle.

Le mandat ACD doit être explicite, signé par le client, daté, et préciser les fournisseurs interrogés ou la mention « tout fournisseur du marché ». Sans ACD, pas de récupération de données auprès d'Enedis ou GRDF — et donc pas de cotation propre. Le mandat doit pouvoir être révoqué à tout moment.

La transparence sur la rémunération est rappelée régulièrement par le médiateur national de l'énergie. Le client doit savoir que le courtier est rémunéré par le fournisseur retenu, et idéalement connaître l'ordre de grandeur de cette commission. Plusieurs recommandations publiées par le médiateur entre 2019 et 2023 vont dans ce sens.

L'indépendance vis-à-vis des fournisseurs doit être affichée. Un courtier qui ne travaille qu'avec deux ou trois fournisseurs, ou qui touche des commissions très différenciées d'un fournisseur à l'autre, doit le déclarer. À défaut, la profession devient un canal de distribution déguisé, ce qui pose un problème de conseil.

Voir Déontologie et mandat du courtier énergie pour le détail des recommandations du médiateur et des bonnes pratiques observées.

Les segments de spécialisation

Un cabinet de courtage énergie se spécialise rarement sur un seul segment, mais positionne son centre de gravité. Trois clivages structurent le marché.

Par segment tarifaire. C5 (petites entreprises, puissance souscrite ≤ 36 kVA) = volume élevé, ticket moyen faible, marge unitaire réduite. C4 (PME, sites industriels moyens, 37 à 250 kVA) = équilibre volume/marge, segment historique du courtage. C3 et HTA (industrie, gros sites tertiaires, 250 kVA à plusieurs MW) = ticket élevé, sur-mesure, marge unitaire forte mais cycle long.

Par typologie de client. Multi-sites (chaînes de magasins, franchises, copropriétés, collectivités multi-bâtiments) = compétence de consolidation des données et gestion en lot. Mono-site = transactionnel, plus simple à industrialiser.

Par secteur vertical. Industrie (sidérurgie, agroalimentaire, papeterie — consommation importante, sensibilité prix forte), tertiaire (immobilier de bureaux, retail, hôtellerie), collectivités (mairies, intercommunalités — marchés publics à respecter), copropriétés (segment résidentiel collectif spécifique).

Voir Spécialisation par segments pour le détail des chiffres-clés et des compétences propres à chaque segment.

Les outils du courtier énergie

Le métier s'est outillé tardivement. Beaucoup de cabinets travaillent encore avec un Excel pour le pricing, un CRM générique (HubSpot, Pipedrive, Salesforce) pour le commercial, une signature électronique standalone (Yousign, DocuSign) pour l'ACD, et un export manuel des données Enedis. Cette combinaison atteint ses limites au-delà de 200 cotations par an.

Un logiciel courtier énergie dédié intègre les six dimensions du métier — pricer multifournisseurs aux barèmes CRE à jour, CRM dédié, signature ACD intégrée, récupération Enedis native, calcul des commissions, pipeline et relances — dans un seul environnement. Volto se positionne sur ce créneau à 200 €/mois HT pour le cabinet (2 utilisateurs inclus). Voir Logiciel courtier énergie pour le détail des modules, et Gestion des commissions pour le module spécifique de calcul des commissions.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un courtier en énergie ?

Un courtier en énergie est un intermédiaire indépendant entre les fournisseurs d'électricité et de gaz (TotalEnergies, EDF Entreprises, Engie, Endesa, Primeo, Hellio, Enovos, etc.) et les clients professionnels — TPE, PME, ETI, grands comptes, collectivités, copropriétés. Il négocie en lot des conditions tarifaires que le client seul n'obtiendrait pas, accompagne la mise en concurrence, traite les anomalies de facturation et conseille sur la stratégie d'achat. Son périmètre est encadré par un mandat (l'ACD) que le client signe explicitement.

Comment un courtier énergie est-il rémunéré ?

Par une commission versée par le fournisseur, pas par le client. La formule est invariante : commission = €/MWh négocié × consommation annuelle × durée du contrat. Les ordres de grandeur en 2026 sur une durée moyenne de 36 mois : 8 à 15 €/MWh sur C5, 5 à 10 €/MWh sur C4, 2 à 7 €/MWh sur HTA, et de l'ordre de 9 €/MWh moyen sur le gaz. Le mode de paiement varie selon la convention d'apport signée avec chaque fournisseur — le plus fréquent en 2026 est 100 % à la signature. Le courtier doit déclarer le principe au client pour respecter le devoir de transparence rappelé par le médiateur national de l'énergie. Voir notre page dédiée à la rémunération.

Quelle est la différence entre courtier énergie et fournisseur direct ?

Le fournisseur direct vend ses propres contrats — il ne peut proposer que ses grilles. Le courtier énergie compare les offres d'une vingtaine de fournisseurs simultanément sur un même PDL ou PCE, négocie les conditions et choisit la combinaison la plus adaptée au profil de consommation. Il n'a pas d'engagement de volume vis-à-vis d'un fournisseur particulier (sauf modèle d'apporteur exclusif, minoritaire) et facture zéro honoraire au client.

Faut-il un agrément pour exercer comme courtier en énergie ?

Non. À date de mai 2026, la profession de courtier en énergie n'est pas réglementée en France au sens d'un agrément ORIAS comme pour le courtage en assurance. Il faut en revanche disposer d'un mandat ACD (Autorisation de Communication des Données) signé du client pour récupérer les données auprès d'Enedis ou GRDF, et respecter le RGPD, les recommandations du médiateur national de l'énergie et les obligations comptables/fiscales standard d'une activité commerciale.

Combien gagne un cabinet de courtage énergie en régime établi ?

Un courtier indépendant qui traite 100 à 200 PDL par an dégage typiquement 80 000 à 250 000 € de commissions encaissées (récurrentes sur la durée du contrat). Un cabinet de 5 à 10 commerciaux atteint 800 000 à 2,5 M€ annuels. Les facteurs : segment dominant (C5 pour le volume, C4/HTA pour la marge unitaire), durée moyenne des contrats négociés, taux de renouvellement. Cette page traite du métier en régime établi ; pour le revenu d'un courtier débutant, voir notre guide <a href="/guides/devenir-courtier/">Devenir courtier énergie</a>.

À quoi ressemble la journée type d'un courtier énergie ?

Quatre blocs reviennent chaque jour. Prospection (25 à 40 % du temps) : sourcing SIRENE, appels sortants, suivi des leads entrants. Cotation et préparation d'offres (20 à 35 %) : récupération PDL/PCE, ACD signé, pricer multifournisseurs. Relance et closing (15 à 25 %) : suivi, négociation, signature électronique. Suivi de portefeuille et admin (15 à 25 %) : anomalies facturation, commissions, renouvellements à 90 jours. Voir la page <a href="/guides/metier-courtier/journee-type/">journée type</a> pour la version détaillée.

Comment Volto aide-t-il les courtiers énergie au quotidien ?

Volto regroupe en un seul outil ce que les cabinets gèrent aujourd'hui dans un Excel, un CRM générique et trois outils tiers : pricer multifournisseurs aux barèmes CRE à jour, CRM dédié, signature ACD intégrée, récupération Enedis automatique, calcul des commissions par contrat et par vendeur, pipeline de relances. 200 €/mois HT pour le cabinet, deux utilisateurs inclus, sans engagement.

Voir aussi

Outiller le métier

Volto regroupe en un seul outil tout ce qu'un cabinet de courtage énergie gère aujourd'hui dans un Excel, un CRM générique et trois outils tiers. Pricer multifournisseurs CRE à jour, signature ACD intégrée, récupération Enedis automatique, calcul des commissions, pipeline et relances.

Découvrir Volto → Voir les tarifs

200 €/mois HT — 2 utilisateurs inclus, sans engagement, annulable à tout moment.