Aller au contenu

CIBLE · CRÉATION ADMINISTRATIVE

Créer son cabinet de courtage énergie

↳ huit étapes, deux à six semaines, peu de pièges

La création administrative d'un cabinet de courtage énergie suit le parcours standard d'une création d'entreprise française. Pas de spécificité sectorielle bloquante : ni agrément, ni capital minimum particulier, ni examen obligatoire. Ce qui demande de l'attention : choisir la forme juridique en fonction du volume d'affaires visé, et ne pas oublier la RC pro avant de signer la première cotation. Cette page détaille les huit étapes dans l'ordre, avec les délais et coûts typiques à date de mai 2026.

Étape 1 — Choisir la forme juridique

La forme juridique est la décision structurante de la création. Elle conditionne la fiscalité, la couverture sociale du dirigeant, la simplicité administrative, et la capacité à évoluer. Quatre options dominent pour un courtier énergie qui démarre seul.

Auto-entrepreneur (micro-entreprise). Le plus simple et le plus rapide. Comptabilité allégée (livre des recettes), franchise de TVA sous les seuils, prélèvement social et fiscal forfaitaire. Plafond de chiffre d'affaires annuel à respecter (les seuils sont révisés régulièrement, à vérifier au moment de la création). Convient pour tester le modèle économique pendant 12 à 18 mois sans engagement structurel.

Entreprise individuelle (EI). Depuis la réforme de 2022, l'EI offre une séparation automatique du patrimoine personnel et professionnel. Régime fiscal à l'IR par défaut, option pour l'IS possible. Pas de plafond de CA, comptabilité réelle. Bon compromis entre simplicité et capacité de développement.

SASU (société par actions simplifiée unipersonnelle). Société à associé unique, IS par défaut, rémunération du dirigeant en salaire (régime général) ou dividendes (charges sociales moindres sur dividendes). Plus de souplesse statutaire, image plus solide auprès des fournisseurs et des grands comptes, accueil facile d'un associé en cas de croissance. Comptabilité réelle obligatoire, formalités plus lourdes.

SARL / EURL. Société à responsabilité limitée. EURL pour un associé unique, SARL pour plusieurs. Régime social du dirigeant en TNS (travailleur non salarié) — charges sociales moins élevées qu'en SASU mais protection sociale réduite. Statuts plus rigides que la SASU.

Notre comparatif détaillé sur les deux formes les plus fréquentes : auto-entrepreneur ou SASU pour courtier énergie.

Étape 2 — Déclarer l'activité au guichet unique INPI

Depuis le 1er janvier 2023, toutes les formalités d'entreprise passent par le guichet unique INPI (formalites.entreprises.gouv.fr). Plus de CFE, plus de URSSAF distincte, plus de greffe en direct : un seul portail, qui relaie aux organismes concernés.

Étapes pratiques :

  • Créer un compte sur le guichet unique INPI.
  • Renseigner le formulaire de création avec l'identité du dirigeant, l'adresse du siège, la description de l'activité, le code APE souhaité (7022Z ou 4690Z typiquement), le régime fiscal et social.
  • Joindre les pièces justificatives : pièce d'identité du dirigeant, justificatif de domicile du siège, attestation de non-condamnation, et pour les sociétés : statuts signés, attestation de dépôt du capital, attestation de publication de l'annonce légale.
  • Régler les frais (gratuit pour micro-entreprise, environ 40 € pour EI, environ 60 € pour société, plus les frais d'annonce légale pour les sociétés).
  • Suivre l'avancement dans le tableau de bord et compléter en cas de demande de pièce complémentaire.

Délais : quelques jours pour une micro-entreprise, jusqu'à deux à quatre semaines pour une société.

Étape 3 — Recevoir le KBIS ou l'avis SIRENE

Une fois la déclaration validée, vous recevez votre KBIS (pour les sociétés et EI) ou votre avis SIRENE (pour la micro-entreprise). Ce document est la carte d'identité officielle de l'entreprise : numéro SIREN, numéro SIRET, code APE, forme juridique, capital, adresse, identité du dirigeant.

Le KBIS est demandé systématiquement par les banques, les fournisseurs partenaires, les clients grands comptes, les assureurs. Conservez-en plusieurs exemplaires et sachez en télécharger une version à jour sur infogreffe.fr.

Étape 4 — Ouvrir un compte bancaire professionnel

Obligatoire pour SAS, SARL et EURL. Fortement recommandé pour EI et auto-entrepreneur (depuis 2015, un auto-entrepreneur dont le CA dépasse 10 000 € deux années consécutives doit ouvrir un compte distinct).

Trois options principales :

  • Banques traditionnelles (BNP, Société Générale, Crédit Agricole, Banque Populaire, etc.) — service complet, conseiller dédié, coût mensuel typique de 15 à 30 €.
  • Néo-banques pro (Qonto, Shine, Anytime, Finom) — ouverture en ligne en quelques jours, tarification à partir de 9 à 30 €/mois selon la formule, interface très moderne, intégration native avec les outils de comptabilité.
  • Banques en ligne classiques (Hello Business, Boursorama Pro) — compromis entre les deux.

Le dépôt du capital social pour une société se fait à la banque choisie (attestation de dépôt à fournir au guichet INPI).

Étape 5 — Souscrire une RC pro courtage énergie

La responsabilité civile professionnelle n'est pas légalement obligatoire pour un courtier en énergie à date de mai 2026, contrairement au courtage en assurance. Elle est néanmoins indispensable :

  • Le devoir de conseil engage votre responsabilité contractuelle vis-à-vis du client. Une cotation erronée, un mandat ACD mal géré, une recommandation inappropriée peuvent générer un préjudice et donner lieu à une action.
  • Certains fournisseurs partenaires demandent une attestation RC pro avant le conventionnement.
  • Les grands comptes exigent quasi systématiquement une attestation dans leurs procédures fournisseurs.

Plusieurs assureurs proposent des contrats RC pro adaptés au courtage en énergie : AXA, Allianz, MAAF Pro, Hiscox, et des courtiers en assurance spécialisés. Coût annuel typique : quelques centaines d'euros pour un solo, davantage pour un cabinet en équipe. Demander une couverture minimum de 500 000 € en dommages corporels et matériels, et une couverture pour les dommages immatériels consécutifs et non consécutifs.

Étape 6 — Mettre en place la comptabilité

Le régime comptable dépend de la forme juridique :

  • Auto-entrepreneur : livre des recettes, registre des achats si vente de marchandises, déclaration mensuelle ou trimestrielle de CA sur l'espace URSSAF.
  • EI au réel : comptabilité commerciale complète, bilan et compte de résultat annuels.
  • SASU / SARL : comptabilité commerciale complète, dépôt annuel des comptes au greffe.

Trois approches au choix : expert-comptable en accompagnement complet, logiciel de comptabilité en ligne (Pennylane, Sage, Indy, Tiime) en autonomie, ou hybride (logiciel + revue annuelle par un expert-comptable). Pour un cabinet de courtage qui démarre, le mode hybride est souvent le bon arbitrage.

Étape 7 — Mettre en place l'outillage métier

Une fois la structure administrative en place, l'outillage opérationnel devient la priorité. Le minimum viable : un pricer, un CRM, une signature électronique, un email professionnel, un agenda partagé. L'arbitrage Excel vs SaaS dépend du volume de cotations projeté.

Pour creuser, voir notre page dédiée outils pour démarrer comme courtier énergie. Et pour comprendre ce qu'un logiciel métier intégré apporte au-delà d'Excel : logiciel courtier énergie.

Étape 8 — Signer les premiers conventionnements fournisseurs

Avant de pouvoir coter et signer un contrat, il faut un conventionnement actif avec au moins un fournisseur. Le processus :

  1. Identifier les fournisseurs ouverts au courtage (Endesa, TotalEnergies, Hellio, Primeo, Enovos, Eni, et d'autres acteurs).
  2. Contacter l'animateur réseau ou le responsable des partenariats. Un échange préalable permet de comprendre les conditions (volumes minimaux, segments couverts, grille de commission, exclusivité).
  3. Fournir le dossier : KBIS, RC pro, présentation du cabinet, parfois un business plan succinct.
  4. Signer le contrat d'apporteur ou de courtage avec le fournisseur. Lire attentivement les clauses sur la commission, la durée, l'exclusivité éventuelle, les conditions de résiliation.

Compter deux à quatre mois pour stabiliser un panel de cinq à dix fournisseurs partenaires. Pour aller plus loin sur la suite — premiers clients, partenariats prescripteurs — voir trouver ses premiers clients comme courtier énergie.

Questions fréquentes

Combien de temps pour créer un cabinet de courtage énergie ?

Auto-entrepreneur : déclaration en ligne sur le guichet unique INPI, KBIS ou avis SIRENE reçu en quelques jours. SASU ou SARL/EURL : compter deux à quatre semaines entre la rédaction des statuts, la publication de l'annonce légale, le dépôt au greffe et la réception du KBIS. À cela s'ajoutent l'ouverture du compte bancaire pro (quelques jours à deux semaines selon la banque) et la souscription de la RC pro (quelques jours).

Quel code APE pour un courtier énergie ?

Pas de code APE spécifique au courtage en énergie à date de mai 2026. Les codes typiquement attribués sont 7022Z (conseil pour les affaires et autres conseils de gestion) ou 4690Z (commerce de gros non spécialisé). Le code APE est attribué par l'INSEE en fonction de la description précise de l'activité. Il a peu d'impact opérationnel mais influence certaines conventions collectives et statistiques sectorielles.

Faut-il un capital minimum pour créer une SASU ou une SARL de courtage ?

Non, le capital social minimum légal est de 1 €. En pratique, un capital de 1 000 à 5 000 € est courant pour donner de la crédibilité commerciale et financière (banque, fournisseurs partenaires). Un capital plus élevé peut être utile si vous comptez signer rapidement des engagements importants ou solliciter un financement bancaire.

Quelle assurance RC pro pour un courtier énergie ?

Une responsabilité civile professionnelle adaptée au conseil en énergie, couvrant la responsabilité contractuelle (faute dans le conseil rendu, erreur de cotation, retard préjudiciable) et la responsabilité délictuelle (atteinte aux tiers). Quelques assureurs spécialisés proposent des contrats RC pro courtage énergie. Le coût annuel typique se chiffre en quelques centaines d'euros pour un solo, davantage pour un cabinet en équipe.

Peut-on cumuler statut salarié et activité de courtier ?

Oui, sous réserve de respecter une clause d'exclusivité ou de non-concurrence éventuelle dans votre contrat de travail. Beaucoup de courtiers démarrent en parallèle d'une activité salariée, en auto-entrepreneur, le temps de valider le modèle économique. La compatibilité juridique dépend de votre contrat actuel — un avis RH ou juridique préalable est recommandé.

Faut-il un comptable dès le démarrage ?

Auto-entrepreneur : non, la comptabilité est simplifiée (livre des recettes). EI au régime réel ou SASU/SARL : la complexité fiscale justifie un expert-comptable, soit en accompagnement complet (typiquement 100 à 300 €/mois selon le périmètre), soit en mode hybride avec un logiciel de comptabilité en ligne (Pennylane, Sage, Indy) et une revue annuelle. Le choix dépend du volume d'opérations et du confort administratif visé.

Voir aussi

Démarrer le cabinet avec un outil prêt

Une fois la structure administrative en place, l'outillage devient la priorité. Volto regroupe pricer CRE à jour, CRM courtage, signature ACD intégrée et calcul des commissions en un seul logiciel à 200 €/mois HT, sans engagement.

Créer un compte → Voir les tarifs

À partir de 200 €/mois HT — 2 utilisateurs inclus, sans engagement.