CAS ILLUSTRATIF · RESTAURATION TRADITIONNELLE
Courtier énergie restaurant
↳ Deux services, deux pics, un dossier à recaler
Un restaurant traditionnel pose au courtier énergie un dossier intéressant : signature horaire en double pic, climatisation été qui déforme tout, bi-fluide presque systématique. Voici ce que nous regardons en priorité sur ce profil.
Profil énergétique typique
Un restaurant traditionnel français consomme typiquement plusieurs dizaines à plus d'une centaine de MWh d'électricité par an. La fourchette est large parce que la part cuisson électrique varie beaucoup : un restaurant tout-gaz pour la cuisson reste plus bas, un restaurant tout-électrique cuisson incluse monte sensiblement plus haut. Le raccordement est majoritairement C5 (puissance souscrite jusqu'à 36 kVA), avec une fraction de sites en C4 lorsque la cuisson électrique et la climatisation cumulent au-delà de cette limite.
Le profil horaire est marqué par deux pics quotidiens. Le premier entre 10h30 et 14h30 couvre la mise en place du service de midi et le rush du déjeuner. Le second entre 18h et 23h couvre la mise en place du dîner et le service du soir. Entre les deux services, la consommation chute à un niveau de base lié à la chaîne du froid, la ventilation résiduelle et l'éclairage minimal. La nuit, seule la chaîne du froid tourne.
L'été modifie ce profil. La climatisation devient le poste de consommation dominant aux heures chaudes, parfois de 11h à 22h, et lisse partiellement les pics de service. Sur un restaurant fortement climatisé, la consommation estivale (juin à août) prend une part importante de l'année.
Côté thermique, la cuisson professionnelle française reste largement au gaz. Un restaurant traditionnel consomme du gaz naturel sur tarif d'acheminement T1 ou T2 selon le volume. Quelques sites tout-électrique cuisson incluse existent — notamment en restauration rapide ou en cuisine d'auteur cherchant la précision thermique des plaques à induction — mais c'est la minorité.
Postes de coût clés
Sur la facture électricité, la fourniture d'énergie représente la part la plus importante du total. L'acheminement TURPE (cadre TURPE 7 sur 2025-2029) constitue le deuxième bloc, et les taxes et accise (TVA 20 % depuis le 1er août 2025, accise électricité, CTA) complètent. La structure est proche de celle d'un commerce C5 standard. La différence vient de la latitude de négociation sur la fourniture : sur un profil très saisonnier comme un restaurant, l'écart entre cotation sur profil-type Enedis et cotation sur courbe de charge réelle est significatif. Les fournisseurs qui acceptent de coter sur courbe réelle sortent généralement un prix plus juste, et c'est cette latitude que le courtier active.
Sur la facture gaz, la molécule (le prix du MWh PCS facturé par le fournisseur) constitue la part dominante. L'acheminement ATRD géré par le distributeur (GRDF dans la majorité des cas) et les taxes (accise gaz, CTA) complètent. L'effort de négociation porte sur la molécule, dont la volatilité de marché reste importante.
Leviers d'économie typiques
Calage de la puissance souscrite. Le pic de puissance d'un restaurant tombe généralement entre 12h et 13h ou entre 20h et 21h, simultanément à la climatisation en été. Sur la courbe R171, on lit le pic réel sur 12 mois. Certains restaurants ont une puissance souscrite calée sur un pire cas qui ne se réalise jamais — un palier de descente peut alors être envisagé.
Arbitrage HP/HC. Le restaurant traditionnel consomme principalement en heures pleines (services midi et soir). La part HC est généralement plus basse que sur un profil 24/7. Selon les plages HP/HC actives sur la commune et selon la chaîne du froid de nuit, l'option BASE peut être plus avantageuse — à vérifier au cas par cas avec le simulateur.
Choix de la structure de prix de fourniture. Sur un profil saisonnier marqué, le choix entre prix fixe, prix variable indexé spot ou prix mixte (fixe + variable) est structurant. Un restaurant fortement climatisé est exposé au risque été. Le courtier oriente la décision selon l'appétence risque du restaurateur.
Renégociation groupée gaz + électricité. L'alignement des échéances des deux contrats permet de mettre en concurrence sur un dossier global. Les fournisseurs multi-énergies proposent souvent une offre coordonnée plus serrée que la somme de deux offres séparées.
Travail du courtier sur ce profil
La posture commerciale qui fonctionne sur un restaurant est celle du conseil opérationnel. Le restaurateur connaît son métier, pas son contrat. Le courtier arrive avec un constat technique chiffré et des recommandations posées, pas avec une cotation à signer.
Données demandées en premier rendez-vous : facture annuelle d'électricité, facture annuelle de gaz, numéros de PDL et de PCE, mandat de consultation pour activer la collecte fine Linky et la récupération SGE Enedis. Sur le gaz, on demande directement les index sur 24 mois auprès de GRDF via l'API distributeur, ou par récupération de factures à défaut.
Le diagnostic se structure en trois temps. Technique : profil de charge électrique sur 12 mois, identification des deux pics, vérification de l'adéquation puissance souscrite et option tarifaire. Contractuel : structure de prix actuelle, conditions de sortie, durée résiduelle, date d'échéance. Cotation : pricer multifournisseurs sur courbe réelle pour l'électricité, mise en concurrence parallèle sur le gaz, présentation comparative.
Le mandat de courtage ACD signé électroniquement clôture la séquence. Le suivi en pipeline jusqu'à la mise en service du nouveau contrat est l'étape qui sépare un dossier rentable d'un dossier perdu.
Cas type illustratif
Restaurant traditionnel, centre-ville d'une commune de taille moyenne, cuisson gaz, climatisation centrale, ouverture déjeuner et dîner du mardi au samedi. Raccordement électricité C5 en option BASE, contrat gaz séparé en marché libre (tarif réglementé disparu).
Diagnostic Volto sur ce type de profil : analyse du pic de puissance sur la canicule estivale (un palier de descente peut être envisagé si la marge le permet sans risquer de dépassement, sinon maintien), vérification de l'option tarifaire (BASE souvent compétitive si la part HC reste faible), cotation électricité sur courbe de charge réelle, mise en concurrence parallèle sur le gaz, alignement des échéances pour faciliter les renouvellements futurs. La commission cabinet est structurée en pourcentage des deux factures et présentée en transparence dans le dossier de mise en concurrence.
Les économies effectives dépendent de la zone tarifaire électricité, de la zone tarifaire gaz, de la sensibilité à la climatisation, de l'année de référence et de l'état du marché. Le chiffrage réel se fait sur les données du site.
Questions fréquentes
Quelle est la consommation électrique typique d'un restaurant ?
Un restaurant traditionnel avec cuisine ouverte consomme typiquement plusieurs dizaines à plus d'une centaine de MWh d'électricité par an, selon la part cuisson électrique, l'intensité de climatisation et la durée d'ouverture (déjeuner seul, déjeuner + dîner, service continu). Le raccordement reste majoritairement C5 (puissance souscrite ≤ 36 kVA) mais une fraction des restaurants à forte cuisson électrique ou avec terrasse fortement climatisée bascule en C4 (puissance souscrite supérieure à 36 kVA).
Faut-il un contrat gaz séparé pour un restaurant ?
Souvent oui. La cuisson professionnelle française reste largement au gaz pour des raisons de précision thermique et de coût d'énergie. Le courtier traite alors en parallèle le contrat électricité (climatisation, éclairage, chaîne du froid, plonge) et le contrat gaz (cuisson, eau chaude éventuelle). L'alignement des dates d'échéance des deux contrats est un objectif structurant qui se prépare au moment de la première mise en concurrence.
Comment lire la signature horaire d'un restaurant sur la courbe de charge ?
Un restaurant classique produit deux pics quotidiens très lisibles : un premier pic entre 10h30 et 14h30 pour la mise en place et le service du déjeuner, un deuxième entre 18h et 23h pour le dîner. Entre les deux services, la consommation chute à un niveau de base (chambres froides, ventilation résiduelle). La nuit, seule la chaîne du froid tourne. L'été, la climatisation déforme cette courbe et tire le profil vers une consommation diurne plus continue. C'est sur cette saisonnalité que le courtier joue pour évaluer la pertinence d'une option HP/HC ou d'une structure de prix indexée.
La climatisation été change-t-elle la stratégie de cotation ?
Oui. Sur un restaurant fortement climatisé, la consommation estivale prend une part importante de l'année alors que le pic météo coïncide souvent avec les heures de prix de marché spot les plus élevées. Une cotation à prix fixe sur deux ou trois ans protège contre ce risque mais coûte une prime de risque que le fournisseur facture. Une cotation indexée sur le marché de gros expose au risque mais peut payer si la décrue tarifaire se confirme. Le courtier oriente la décision en fonction de l'appétence risque du restaurateur et de la durée d'engagement souhaitée.
Voir aussi
- Courtier énergie boulangerie — profil 4h-13h, four électrique.
- Courtier énergie hôtel 3 étoiles — saisonnier, multi-fluides.
- Courtier énergie salon de coiffure — petit C5 tertiaire.
- Données conso C5 Linky — la courbe de charge en détail.
- Simulateur HP/HC TURPE 7 — basculer BASE vs HP/HC.
- Pricer énergie multifournisseurs — coter sur courbe réelle.
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