CAS ILLUSTRATIF · COMMERCE & SERVICES
Courtier énergie blanchisserie pressing
↳ Vapeur, eau chaude, moteurs : trois énergies à caler
Une blanchisserie ou un pressing est un dossier multi-énergies pour le courtier. Selon la taille et l'équipement, gaz et électricité se répartissent la facture. Le diagnostic doit cartographier précisément le mix avant d'attaquer la négociation.
Profil énergétique typique
Une blanchisserie ou un pressing en France se présente sous plusieurs formats. Le pressing de quartier (1 à 3 employés) consomme typiquement quelques dizaines de MWh d'électricité par an et peu ou pas de gaz. La blanchisserie de quartier ou semi-industrielle (5 à 15 employés) consomme sensiblement plus en électricité, et plusieurs centaines de MWh PCS de gaz par an quand la chaudière vapeur est au gaz. La blanchisserie industrielle traitant le linge plat hôtelier ou hospitalier (20 employés et plus) atteint des volumes d'électricité et de gaz nettement supérieurs.
Le profil horaire commence souvent tôt (6h ou 7h pour le lancement des cycles) et se termine entre 17h et 19h. La signature de la courbe de charge présente plusieurs bosses correspondant aux cycles successifs des machines et au démarrage du séchage. La consommation hors heures d'ouverture est relativement faible : éclairage de sécurité, veille des automates, parfois une calandre qui finit son cycle.
Sur la courbe de charge au pas 30 minutes, on observe un démarrage marqué entre 6h et 8h (montée en température eau chaude, premier cycle), un plateau soutenu en journée avec des bosses cycliques, et une descente progressive en fin d'après-midi.
Sur le volet thermique, le gaz est utilisé pour produire la vapeur (chaudière vapeur) et l'eau chaude des machines à laver, ainsi que parfois pour le séchage direct sur les grosses unités. La répartition gaz/électricité influence directement la stratégie du courtier.
Postes de coût clés
Sur la facture annuelle d'électricité, la fourniture d'énergie constitue la part la plus importante du total. C'est le poste sur lequel le courtier négocie.
L'acheminement TURPE (cadre TURPE 7 sur 2025-2029) inclut une composante de soutirage proportionnelle à la puissance souscrite. C'est un levier important sur les sites avec moteurs triphasés mal dimensionnés ou démarrages séquentiels mal coordonnés qui font monter la puissance appelée au-delà du besoin réel.
Les taxes et accise (TVA 20 % depuis le 1er août 2025, accise électricité, CTA) complètent la facture. La blanchisserie ne bénéficie pas d'exonérations sectorielles spécifiques.
Sur le contrat gaz, la fourniture (molécule) est la part principale, complétée par l'acheminement ATRD et les taxes (CTA, accise gaz). La sensibilité au prix de la molécule est très forte sur ce profil — le calage de l'indexation et de la durée d'engagement est décisif.
Leviers d'économie typiques
Calage de la puissance souscrite électrique. Sur les blanchisseries avec plusieurs machines en démarrage séquentiel, le pic dépend de la coordination des cycles. Un audit précis identifie si on peut descendre d'un palier ou s'il faut au contraire monter pour éviter les dépassements coûteux.
Arbitrage HP/HC électrique. Les blanchisseries qui démarrent tôt captent une fenêtre HC matinale. Sur les pressings démarrant plus tard, l'écart est plus faible. Le simulateur HP/HC tranche cas par cas.
Cotation gaz fine. Sur un consommateur gaz relevant des tarifs d'acheminement T2 ou T3, l'écart entre offres peut être significatif selon la structure d'indexation choisie. Le calage de la durée d'engagement (12, 24 ou 36 mois) en fonction du contexte marché est un levier important du courtier.
Alignement des échéances. Sur un site bi-fluide, faire coïncider les échéances électricité et gaz facilite la renégociation groupée et augmente le pouvoir de négociation auprès des fournisseurs multi-énergies.
Travail du courtier sur ce profil
Sur une blanchisserie pressing, le courtier doit d'abord identifier précisément le mix énergétique : tout électrique, bi-fluide gaz dominant, bi-fluide équilibré. Cette qualification conditionne complètement la stratégie de négociation et la structure de la cotation comparative.
Données demandées au premier rendez-vous : copie d'une facture annuelle d'électricité, copie d'une facture annuelle de gaz si applicable, numéro de PDL électricité et PCE gaz, autorisation client pour la collecte fine via l'espace MyEnedis Entreprise et accès aux données GRDF pour le gaz. La récupération SGE Enedis ramène les index 36 mois et la courbe de charge 30 minutes si la collecte fine est active.
Le commercial structure le diagnostic en trois temps. Technique d'abord : audit de la puissance souscrite, simulation HP/HC, analyse du profil de cycle des machines. Contractuel ensuite : structure du prix actuel sur les deux contrats, dates d'échéance, conditions de sortie. Cotation enfin : pricer multifournisseurs sur la courbe de charge réelle pour l'électricité et sur le profil annuel pour le gaz, comparaison à 6 ou 8 offres par énergie, intégration de la commission cabinet dans la grille comparative.
L'angle commercial gagnant : présenter un dossier consolidé multi-énergies, pas deux dossiers séparés. C'est cette consolidation qui valorise le travail du courtier.
Cas type illustratif
Blanchisserie semi-industrielle, périphérie d'une commune de taille moyenne. Traitement linge plat pour quelques hôtels et un EHPAD voisins. Plusieurs machines à laver, séchoirs gaz, calandre, chaudière vapeur gaz, ouverture 6h-18h du lundi au samedi. Raccordement électrique C4 en option HP/HC, contrat gaz sur tarif d'acheminement T3.
Diagnostic Volto sur ce type de profil : audit de la puissance souscrite électrique (un palier de descente peut être envisagé selon la marge actuelle vs le pic réel), confirmation de l'option HP/HC compte tenu du démarrage matinal qui capte la fenêtre HC, cotation électricité sur courbe de charge réelle, cotation gaz multifournisseurs avec calage de la structure d'indexation et de la durée d'engagement, alignement des échéances pour faciliter les futurs renouvellements. La commission cabinet est structurée en pourcentage de la facture totale et intégrée à la cotation comparative présentée au client.
Les économies effectives dépendent de la zone tarifaire, de l'année de référence, du mix process et des conditions de marché. Le chiffrage réel se fait sur les données du site.
Questions fréquentes
Une blanchisserie est-elle plus souvent gaz ou électrique ?
Le mix dépend de la taille et de l'historique du site. Une blanchisserie industrielle traitant linge plat (hôtellerie, hôpitaux) fonctionne très majoritairement au gaz pour la production de vapeur et le séchage — l'électricité reste pour les moteurs et l'éclairage. Un pressing de quartier moderne est plus souvent tout électrique (machines à laver et séchoirs électriques, vapeur produite par chaudière électrique compacte). Le diagnostic doit donc identifier précisément le mix énergétique avant de coter.
Quel raccordement électrique pour une blanchisserie pressing ?
Un pressing de quartier urbain reste typiquement en C5 (puissance souscrite ≤ 36 kVA), avec des machines à laver et séchoirs en triphasé, une table à repasser vapeur, une centrale vapeur. Une blanchisserie semi-industrielle bascule en C4 (au-delà de 36 kVA, jusqu'à 250 kVA), surtout si elle exploite des sécheuses-repasseuses de grande largeur. Une vraie blanchisserie industrielle relève du C4 lourd ou HTA selon la puissance des moteurs et du process vapeur.
Quelle option tarifaire pour un pressing ?
Le pressing fonctionnant principalement en journée (8h-19h), la part heures creuses est plus limitée — surtout si l'activité commence dès l'ouverture sans préchauffage nocturne. Sur ce profil, la BASE peut rester compétitive si la part HC reste faible. À l'inverse, les blanchisseries semi-industrielles qui lancent la production tôt le matin captent une fenêtre HC matinale et peuvent basculer gagnantes en HP/HC. Le simulateur HP/HC TURPE 7 tranche la question à partir de la courbe de charge réelle.
Le contrat gaz mérite-t-il une attention spécifique ?
Oui, et c'est souvent là que se trouve un levier important. Sur une blanchisserie semi-industrielle ou industrielle, le gaz peut représenter une part significative de la facture énergétique totale. Le calage de l'option tarifaire ATRD, la puissance souscrite gaz, la durée d'engagement et la structure de prix (fixe long, indexé PEG) sont décisifs. Sur les tarifs d'acheminement T3 ou T4, les volumes négociés justifient une cotation sur mesure auprès de plusieurs fournisseurs.
Voir aussi
- Courtier énergie supermarché — profil commerce 8h-21h.
- Courtier énergie salon beauté spa — eau chaude et climatisation.
- Logiciel courtier énergie — la plateforme Volto.
- Pricer énergie multifournisseurs — cotation gaz et électricité.
- Audit puissance souscrite — détecter le bon palier.
- Simulateur HP/HC TURPE 7 — basculer BASE vs HP/HC.
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